Le trajet
Présentation
La Loire n'est pas une voie d'eau comme les autres. C'est un fleuve
majestueux, vivant, superbe, et passionnant à naviguer. Entre les 17 et
19eme siècles, il était une des principales voies d'eau françaises avec
une batellerie très active. Jusqu'à environ 1850, des milliers de
bateaux faisaient la navette entre Saint-Nazaire et Briare. A la
montée, poussés par les vents d'Ouest dominants, la vitesse était
faible, mais le trajet était considéré comme facile, le seul risque
étant l'absence de vent. La descente en revanche était beaucoup plus
acrobatique : le bateau dérivait avec le courant, le batelier tentant
de le diriger au moyen d'une grande perche en bois.
De nos jours, le fleuve n'est officiellement navigable qu'entre son embouchure et le confluent de la Maine (à Bouchemaine, près d'Angers). Navigable signifie en pratique "avec un chenal balisé, et la possibilité d'être secouru en cas de problème". En amont de Bouchemaine, les pratiques locaux (comprenez les pécheurs du pays) ne se gênent pas pour naviguer. De nombreux ligériens sortent pécher ou se promener sur leurs fûtreaux traditionnels à fond plat, ou parfois avec des bateaux modernes, sur tout le cours de la Loire angevine et tourangelle. Pourtant, quelque soit notre plaisir à naviguer en Loire, nous ne les imiterons pas avec nos bateaux de croisière. En Loire, le chenal est variable. Les bancs de sable se déplacent, parfois dans la même saison et le bras qui était parfaitement praticable lors d'un premier passage peut être barré par un banc de sable laissant moins d'un mètre de tirant d'eau un mois plus tard. Ce n'est pas de la théorie, je l'ai vu vers Montjean l'été 2008, le chenal recommandé fin juin était inutilisable début août. Dans la partie navigable, les bateaux baliseurs font la navette continuellement pendant la belle saison, surveillent le déplacement des bancs, et déplacent ou ajoutent les balises marquant le chenal. De plus, si vous vous mettez au sec, par erreur de navigation, par suite d'un incident mécanique, ou en raison d'un déplacement d'un banc non balisé, vous serez secouru sans trop de difficulté. Dans la partie non officiellement navigable, le chenal n'est pas matérialisé ou seulement de façon ponctuelle. Et aucune administration n'est tenue de venir vous aider à vous désensabler, sauf bien sur en cas de danger pour les personnes. Depuis le début du 20e siècle, de nombreuses tentatives plus ou moins fructueuses (voire pour certaines franchement catastrophiques) furent faites pour "aménager" le lit du fleuve et créer un chenal central en principe navigable en toutes saisons sauf périodes de fortes crues ou de sécheresse extrême. Les plus visibles de ces aménagements restent les épis rocheux, perpendiculaires aux rives, que l'on observe sur la presque totalité de la longueur du fleuve navigable. A la belle saison, lorsque le niveau du fleuve est proche de l'étiage ces épis sont visibles et ne posent donc pas de problème de navigation. En revanche, lors des crues, ils sont submergés et il est alors strictement impératif de respecter le balisage et de rester dans le chenal central. Par ailleurs, le plaisancier devra être conscient que le courant sur certains tronçons (St Florent le Vieil notamment) ou sur certains ouvrages (barrage à seuil du Fresne sur Loire, pont de l'Alleux) peut être violent (de l'ordre de 10 km/h) et tourbillonnaire. La navigation sur la Loire en montant nécessite un bateau bien motorisé, dont la vitesse de croisière soit d'au moins 10km/h et dont la vitesse maximum (pour passer les points délicats) soit d'au moins 8 nœuds, soit 15 km/h. Les bateaux marins (pêche-promenades, vedettes de croisière) ou les bateaux de croisière "mixtes" mer / rivière conviennent parfaitement. Les pénichettes faiblement motorisées très utilisées sur les canaux sont en revanche inadaptées à la navigation sur la Loire. Enfin, le marée se fait sentir depuis l'embouchure jusqu'à Ancenis. Pour simplifier, on retiendra la règle suivante. De l'embouchure jusqu'à Nantes, le flot est assez fort pour inverser le courant du fleuve. Sur cette partie maritime, on prendra donc garde à remonter avec le flot et à descendre avec le jusant. De Nantes à Ancenis, le flot est sensible, il neutralise le courant du fleuve. On préférera donc, pour économiser le gazole, remonter avec le flot, sans que cela soit un impératif. Bien entendu cette règle doit être nuancée selon l'amplitude de la marée et le débit du fleuve. Autre règle simplifiée bien pratique : compter trois heures de décalage des heures de PM et BM entre St Nazaire (port de référence) et Nantes. En résumé, pour naviguer sur la Loire :
Les escales sur la Loire
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| Estuaire de la Loire |
Port de Saint Nazaire
Le port de Saint Nazaire est un spectacle étonnant ! Pour visiter
tranquillement avec un petit bateau de plaisance, deux règles à
respecter : lorsque cela est possible rester à l'extérieur du
chenal balisé utilisé par les navires de commerce, et surveiller
attentivement les mouvements arrivées et départs des postes d'amarrage.
Regardez la carte marine : dans la zone portuaire il y a largement
assez d'eau pour nous à quelques dizaines de mètres du chenal, même à
basse mer.
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| Port de Saint-Nazaire |
De Cordemais à Nantes
Nous arrivons ensuite à la centrale électrique de Cordemais. Derrière
la centrale se cache un petit port de plaisance très agréable,
accessible à partir de mi-marée. A proximité immédiate du port, un
établissement des haras nationaux, un hippodrome, une superbe piscine
couverte, des installations sportives qui feraient envie à bien des
villes moyennes, une zone "naturelle" avec observatoire des oiseaux
sauvages, etc. Le port lui-même, géré par l'association locale des
plaisanciers, offre eau et électricité sur ponton pour un prix
raisonnable. Attention, le beau ponton tout neuf à gauche en entrant
est inutilisable (et même dangereux). Les caissons posent à marée basse
sur les poutrelles supports à un bon mètre au dessus du niveau de
l'eau. On peut supposer que les ingénieurs du bureau d'étude venaient
d'Auvergne ou de la cote d'Azur... Marées? Késaco??
Après Cordemais, on découvre l'écluse de la Martinière qui donne accès au canal maritime parallèle à la Loire (déclassé). Le voilier qui plonge dans le fleuve (voir photos dans l'album) est une œuvre d'art. Quelques km plus loin, la tour à plomb de Couéron est un des dernières restant debout en Europe.
Après Cordemais, on découvre l'écluse de la Martinière qui donne accès au canal maritime parallèle à la Loire (déclassé). Le voilier qui plonge dans le fleuve (voir photos dans l'album) est une œuvre d'art. Quelques km plus loin, la tour à plomb de Couéron est un des dernières restant debout en Europe.
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| De Cordemais à Nantes |
Nantes
Nous arrivons ensuite dans la zone du port industriel de Nantes, puis
dans la ville de Nantes elle-même qui mérite une longue escale si vous
ne la connaissez pas. Pour une courte halte, le ponton situé sur la
Loire à l'aval du Maillé Brézé peut convenir, mais on y est pas mal
secoué par les bateaux de passage (navibus notamment). Pour un long
séjour, il est préférable de passer l'écluse Saint-Félix et le tunnel,
et d'aller séjourner au port de l'Erdre à l'Ile de Versailles (voir un
plan de Nantes) beaucoup plus calme.
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| Nantes |
De Nantes au Fresnes-sur-Loire
On arrive ensuite à l'ouvrage du Fresnes-sur Loire : deux seuils du type "entonnoirs", formés de gros boudins gris placés en travers du fleuve. Ils ont été posés à titre expérimental pour tenter de remonter le niveau d'eau à l'étiage et de désensabler un bras "mort" du fleuve. L'expérience est un échec complet, et surtout ces seuils créent des remous tourbillonnaires assez dangereux pour la navigation. Pour passer à la montée, n'hésitez pas à mettre plein gaz. A la descente, pas trop de problème, le fort courant vous éjectera vite fait
De Ingrandes à Bouchemaine
Après Ingrandes commence la partie du fleuve que je trouve la plus
belle. A Chalonnes sur Loire, un ponton (barge métallique) permet une
escale confortable à un bateau de passage (un seul, la barge n'est pas
très longue...). Possibilité de prendre du carburant au bidon à un
Super-U à 300m du ponton, derrière la petite église au bout du quai.
Attention aux tourbillons en passant le viaduc SNCF de l'Alleud dans le sens de la montée, là encore mettez plein gaz pour passer en vitesse avant d'être mis en travers par les tourbillons qui se forment juste en dessous des piles du pont. Dans toute cette région du fleuve, les épis rocheux forment des petites "baies" parfaitement à l'abri du courant. Avec un peu d'habitude, on apprend à y entrer très doucement pour aller mouiller à dix ou vingt mètres de la rive, devant une plage déserte de sable fin (photo 20 par exemple). En cas d'échouage dans le sable, si ça ne sort pas au moteur, on porte une ancre 30m en arrière avec l'annexe sur laquelle on pourra se déhaler tranquillement . Les bateaux à fond plat peuvent "beacher" et ne s'en privent pas. La partie officiellement navigable de la Loire se termine à Bouchemaine (confluent de la Maine). On peut faire escale sur un des pontons que l'on trouvera sur la Maine, ou pousser jusqu'à Angers à quelques kilomètres de là.
Attention aux tourbillons en passant le viaduc SNCF de l'Alleud dans le sens de la montée, là encore mettez plein gaz pour passer en vitesse avant d'être mis en travers par les tourbillons qui se forment juste en dessous des piles du pont. Dans toute cette région du fleuve, les épis rocheux forment des petites "baies" parfaitement à l'abri du courant. Avec un peu d'habitude, on apprend à y entrer très doucement pour aller mouiller à dix ou vingt mètres de la rive, devant une plage déserte de sable fin (photo 20 par exemple). En cas d'échouage dans le sable, si ça ne sort pas au moteur, on porte une ancre 30m en arrière avec l'annexe sur laquelle on pourra se déhaler tranquillement . Les bateaux à fond plat peuvent "beacher" et ne s'en privent pas. La partie officiellement navigable de la Loire se termine à Bouchemaine (confluent de la Maine). On peut faire escale sur un des pontons que l'on trouvera sur la Maine, ou pousser jusqu'à Angers à quelques kilomètres de là.
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| LOIRE |
Une crue de la Loire
Pour
terminer cet article sur la Loire, j'ai ajouté quelques clichés pris en
Juin 2008 lors d'une petite crue de la Loire. Vous verrez que les
paysages apparaissent très différents que lorsque le fleuve est proche
de l'étiage. Il s'agissait d'une petite crue de printemps. Lors des
grandes crues d'hiver, le fleuve devient dangereux pour les petits
bateaux et il est déconseillé de naviguer.
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| Crue de la Loire |





