Entretien du moteur diesel marin
Pour bien entretenir un moteur,
une règle simple : appliquez scrupuleusement les préconisations du
constructeur contenues dans le manuel d'opérations. Le présent article
est un "pense-bête", une sorte de tronc commun à tous les diesels
marins qui résume les préconisations générales.
Il est destiné aux plaisanciers qui ont peu de compétence en
mécanique mais souhaitent faire les quelques gestes nécessaires pour
éviter des pannes qu'un tout petit peu d'attention aurait évitées.
Avertissement : cela fait quelques années que je fais l'entretien
courant de mes moteurs marins (Volvo TAMD31, TAMD40, et maintenant
Mitsubishi S6S) mais je ne suis pas mécanicien professionnel. Donc...
les conseils (de préférence désintéressés) d'un homme de l'art seront
toujours bienvenus.
L'entretien du moteur est à prendre très sérieusement. Un entretien insuffisant conduit à :
- une usure prématurée du moteur.
On voit sur certains bateaux des moteurs ayant tourné à peine 2 à 3000
heures, complètement à bout de souffle, avec une compression effondrée
sur un ou plusieurs cylindres, une oxydation générale, etc. Le même
moteur bien entretenu serait en parfait état, à peine au premier tiers
de sa vie.
- un risque élevé de panne... qui
selon le principe de l'ennui maximum survient toujours quand elle est
la plus gênante, voire dangereuse.
- une consommation plus élevée que nécessaire.
Je présente d'abord les
notions de base sur le fonctionnement du moteur qui justifient les
opérations d'entretien, puis ces opérations sous forme d'un tableau.
L'entretien par fonctions et composants
Fonction lubrification
La
lubrification d'un moteur est un phénomène complexe. Bien évidemment,
le rôle de l'huile est de lubrifier les pièces en mouvement, c'est à
dire de créer à leur surface une mince pellicule qui supprime les
phénomènes d'abrasion dus aux frottements. Cela paraît simple, mais ça
ne l'est pas. Les frottements entre les pièces provoquent en effet un
échauffement de la pellicule d'huile. L'huile échauffée s'oxyde, et se
faisant perd ses qualités lubrifiantes. Cette perte amplifie les
phénomènes de frottements qui eux-mêmes accélèrent la formation des
peroxydes, etc.
Le second rôle de l'huile est d'entrainer les résidus de combustion qui
se déposent sur les parois des cylindres. Bien évidement, au fil des
heures de fonctionnement le taux de ces résidus dans l'huile augmente.
Résultat de tout cela : après quelques dizaines d'heures de fonctionnement, l'huile est chargée de :
- peroxydes, résultant de l'oxydation de l'huile;
- résidus de combustion : suie, eau, composants souffrés (le gazole
contient plus ou moins de souffre), et notamment de l'acide sulfurique
- particules métalliques microscopiques arrachées aux pièces en mouvement
- diverses molécules résultant de la décomposition de l'huile
elle-même, cette décomposition étant plus rapide avec les huiles
naturelles obtenues par simple distillation du pétrole qu'avec les
huiles de synthèse.
Plus le taux de ces résidus divers augmente, plus l'huile perd ses
qualités de lubrification. A ce problème, une seule réponse, changer
l'huile assez souvent,
au minimum une fois par an ou toutes les
200 heures de fonctionnement avec une bonne huile de synthèse.
Choisir une huile d'une viscosité adaptée à nos besoins : la 10W 40 est
bonne pour une utilisation entre -20° l'hiver à 45° l'été, ce qui est
adapté à nos régions. Evitez de mélanger deux huiles de marques
différentes, et surtout ne mélangez jamais une huile de synthèse et une
huile naturelle.
Enfin, changer en même temps le filtre à huile dont le rôle est de
retenir les boues (suies, particules métalliques, etc.) au fur et à
mesure de leur production.
Fonction refroidissement
Le refroidissement du moteur peut être assuré par un double circuit ou par un circuit fermé unique (
keelcooling). Dans les deux cas, le moteur est refroidi par un
fluide caloporteur, le
liquide
de refroidissement, qui circule dans des cavités du bloc moteur, autour
des cylindres et du collecteur d'échappement notamment. Le fluide est
"poussé" par une pompe. Le refroidissement est régulé par une vanne
contrôlée par un thermostat. Un réservoir de liquide de refroidissement
sert de vase d'expansion, ce liquide se dilatant lorsqu'il chauffe.
Les deux systèmes diffèrent par la façon dont ce fluide caloporteur va être lui même refroidi.
Dans un système type "keelcooling", on envoie le liquide
de refroidissement dans un tuyau en fer qui circule sous le bateau, le
long de la quille, dans l'eau extérieure (la mer). Le circuit est fermé
: le liquide circule en boucle, sans communication avec l'extérieur.
Jamais aucune goutte d'eau extérieure n'entre dans le bateau pour la
fonction refroidissement. C'est un excellent système pour les bateaux à coque acier.
Dans le système à échangeur, le liquide de
refroidissement passe dans un échangeur de température constitué d'une
réseau de petits tubes métalliques qui baignent dans de l'eau pompée à
l'extérieur (eau de mer). L'échangeur se présente comme une grosse
boite rectangulaire métallique accolée au bloc moteur. La fonction
pompage de l'eau extérieure est assurée par une pompe, généralement
équipée d'une turbine en caoutchouc, qui est distincte de la pompe qui
entraine le liquide de refroidissement. Les deux circuits, celui du
liquide de refroidissement et celui de l'eau extérieure qui le
refroidit ne communiquent pas : les deux fluides ne doivent jamais se
mélanger. Bien entendu, l'eau extérieure étant chargé d'impuretés
(sable, coquilles, algues,...), doit être filtrée avant d'être admise
dans la pompe à eau de mer et dans l'échangeur. Dans le système à
échangeur, de l'eau de mer est donc pompée de l'extérieur pour être
injectée dans l'échangeur. A la sortie de l'échangeur, elle est
injectée dans le circuit d'échappement des gaz brulés pour refroidir
ceux-ci. On peut donc facilement vérifier que le circuit "eau de mer"
fonctionne bien en s'assurant que de l'eau de mer est expulsée par
l'échappement humide, en même temps que les gaz d'échappement. Si "ça
ne crache pas" il faut impérativement arrêter le moteur et vérifier le
circuit : vanne de sécurité restée fermée, crépine obstruée, filtre à
eau mer colmaté, ou rotor de la pompe abimé.
Enfin il existe un
système mixte dans lequel le
refroidissement est assuré par un circuit fermé de type keelcooling,
mais ou de l'eau de mer est pompée, filtrée, puis injectée dans le
circuit d'échappement. Dans un tel système, l'eau de mer pompée ne
refroidit donc pas le liquide primaire de refroidissement mais
uniquement les gaz d'échappement. Ce système de keelcooling à échappement humide se trouve sur certains bateaux hollandais.
Dans tous les cas, le liquide de refroidissement primaire (celui qui
circule dans le bloc moteur), n'est jamais de l'eau mais un liquide de
synthèse qui, outre son rôle de caloporteur, assure une fonction de
protection de l'intérieur du bloc moteur contre la corrosion et de
régulateur de pH. Enfin ce liquide doit être antigel pour ne pas geler
et fendre le bloc moteur (ou les tubes de l'échangeur) lorsque le
bateau reste immobilisé en plein hiver.
Dans un moteur diesel marin ou industriel, le liquide doit
impérativement respecter les préconisations du constructeur qui
prennent en compte la nature exacte des métaux utilisés (chemises,
collecteur, etc). Le constructeur recommande un liquide qui ne créera
pas de réaction chimique avec ces métaux lorsqu'il sera en contact avec
eux pendant des heures, à une température de 80°, et sous une pression
élevée. En pratique, il faut choisir un liquide "quatre saisons" de
bonne qualité, garanti sans amines (composés amoniaqués). Ce liquide
doit être intégralement changé tous les deux ou trois ans (pas plus !)
car avec le temps son pH se modifie et il finit par attaquer le métal
du moteur, notamment les chemises des cylindres.
Pour résumer, la fonction refroidissement nécessite:
- un circuit primaire totalement étanche ;
- un liquide caloporteur primaire de bonne qualité et en quantité suffisante;
- un thermostat de régulation qui fonctionne (non colmaté)
et dans le cas d'un système à échangeur ou mixte :
- un prise d'eau de mer (crépine, filtre) non colmatée
- une pompe à eau de mer qui fonctionne (turbine caoutchouc en bon état)
- un échangeur en bon état : tubes non colmatés, pas de fuite entrainant un mélange entre eau extérieure et liquide primaire
Fonction alimentation
La fonction alimentation vise d'une
part à faire entre de l'air frais dans le cylindre au moment ou le
piston descend (1er temps du cycle), puis à pulvériser sous haute
pression un nuage de gazole dans chaque cylindre,
au bon moment, c'est
à dire quelques micro-secondes avant le point mort haut (2eme temps).
Deux types d'alimentation existent : alimentation atmosphérique, ou
suralimentation (alimentation par turbo-pompe).
Dans les deux cas, le gazole est pompé dans le réservoir par la
pompe d'alimentation. Il passe par un
décanteur ou il va abandonner les éventuelles traces d'eau qu'il contient, puis par un
filtre. Il est ensuite amené à une
pompe d'injection qui va distribuer du carburant sous très haute pression vers les
injecteurs
qui envoient un nuage de gazole pulvérisé dans les cylindres. Un
injecteur est fondamentalement un sorte de buse et une aiguille qui
coulisse dans la buse : l'aiguille obstrue la buse lorsqu'elle descend
et l'ouvre en remontant.
La
pièce maitresse de ce circuit est la pompe d'injection. C'est elle qui
va envoyer du gazole sous pression vers les injecteurs au bon moment.
Les injecteurs sont passifs : lorsque la pompe envoie le gazole sous
pression vers un injecteur, cette pression exerce une force supérieure
à la pression exercée par le ressort sur l'aiguille de cet injecteur,
l'aiguille se soulève et le gazole peut être pulvérisé dans le
cylindre. Lorsque la pompe coupe la pression sur un injecteur, le
ressort de cet injecteur, s'il est convenablement taré, laisse retomber
l'aiguille et le gazole n'est plus admis dans le cylindre. Comme dans
tout
moteur à explosion 4 temps, il est indispensable de régler très
précisément le moment au quel on admet le carburant dans le cylindre.
C'est au PMH (point mort haut) que le
volume du cylindre est minimum, la pression est donc maximum, et le
mélange air-carburant peut s'enflammer le plus efficacement pour
repousser le piston vers le bas. On règle très précisément le
calage
de la pompe d'injection qui détermine le moment d'envoi de la haute
pression vers chaque injecteur, et au niveau de l'injecteur le
tarage du ressort qui contrôle la redescente de l'aiguille au moment où la pression de gazole diminue.
Dans tous les moteurs diesel 4 temps, même les plus
récents, l'admission de l'air frais et l'échappement des gaz brulés
sont contrôlés par des
soupapes, placées en tête des cylindres. Ces soupapes sont actionnées soit directement par des
cames (arbre à came en tête, les cames sont au contact des tiges de soupapes), soit par l'intermédiaire de
culbuteurs, petits leviers qui transmettent le mouvements des cames aux têtes de soupapes.
Cette présentation est très très simplifiée. Dans bon nombre de moteurs, le mélange est admis dans une chambre de turbulence (
swirl-chamber)
pour optimiser le mélange et le remplissage complet de la chambre de
combustion, mais cela n'a aucune influence sur les opérations
d'entretien que nous aurons à réaliser.
Dans le système classique il y a soit un corps de pompe d'injection par
cylindre moteur, soit une pompe unique qui envoie la haute pression
successivement à chaque injecteur. Dans le système à rail de
distribution (
common rail),
il y a une pompe unique qui envoie le carburant sous très haute
pression dans un "rail", un tube unique qui dessert tous les
injecteurs. L'injection proprement dite dans chaque cylindre est
régulée par des électrovannes qui contrôlent l'ordre et le moment des
temps d'injection dans chaque cylindre.
Dans tous les cas, une partie du gazole sert à la lubrification du
système d'alimentation : il n'est pas admis dans les injecteurs, mais
revient par un tuyau retour vers le réservoir de gazole.
Dans une alimentation "turbo-compressée" on ajoute une turbine qui
comprime l'air avant son admission dans les cylindres. Dans le système
atmosphérique, l'air est simplement aspiré par le mouvement descendant
du cylindre qui joue à ce moment le rôle d'une pompe d'aspiration
d'air. Dans le système turbo, l'air est comprimé avant d'être envoyé
vers les soupapes d'admission.
La fonction alimentation nécessite donc (pour ce qui nous intéresse ici) :
- une prise d'air frais et un filtre à air qui doit fournir un air parfaitement propre et avec un débit suffisant
- un réservoir à gazole, propre, contenant un carburant de bonne qualité, non souillé par de l'eau ou des débris divers;
- des tuyaux de circulation du gazole non colmatés et sans fuite;
- un bol décanteur ou l'on sépare le gazole des traces d'eau qu'il
pourrait contenir, résultant de la condensation de vapeur d'eau dans
les réservoirs. Il faudra donc périodiquement vider ce bol de l'eau qui
pourrait s'y trouver.
- un filtre à gazole pour retenir les micro-impuretés qu'il pourrait encore contenir;
- une pompe à gazole (pompe d'alimentation) pour pomper le carburant
dans le réservoir, lui faire traverser le bol et les filtres, et
l'amener à la pompe d'injection
- une pompe d'injection qui comprime le gazole à haute ou très haute pression (1500 à 2000 bars pour un common-rail ! )
- des injecteurs qui pulvérisent le gazole dans les cylindres au bon moment
- pour un moteur "turbo", une turbine de compression d'air.
- des soupapes parfaitement étanches, bien réglées qui contrôlent l'admission de l'air et la sortie des gaz brulés.
Tout ceci fonctionnera bien si le carburant et l'air sont admis en
quantité suffisante, sont parfaitement propres (aucune trace d'eau, pas
de poussière ou de suie, ...) si les pompes sont en bon état et que les
injecteurs sont propres et bien réglés, et que les culbuteurs sont bien réglés.
Fonction production électrique, démarreur et préchauffage
Ce
sont des fonctions différentes mais comme à elles trois elles forment
tout ce qui a trait à l'électricité dans un moteur diesel, je les
regroupe dans une même section.
La production électrique sert à recharger les batteries du bord,
batteries de démarrage et batteries pour les accessoires et la vie à
bord. Les éléments sont :
- Un alternateur, qui fournit du courant 12V en général, parfois
24V. Il est entrainé par une courroie dont le bon état et la tension
doivent être surveillés régulièrement.
- Des batteries, en nombre variable, représentant une capacité de
stockage électrique et de débit instantané suffisant pour leurs usage,
alimentation du démarreur, des accessoires de bord, du guindeau
électrique, etc.
- Un fusible ou disjoncteur de sécurité général
- Un régulateur de tension
- Un ensemble de coupe-circuits (généralement deux) permettant
d'isoler les batteries de démarrage lorsque le moteur est à l'arrêt,
pour éviter de les décharger.
A retenir :
- Les batteries appelées à être connectées ensemble doivent être
du même type. Ne pas mélanger dans l'installation des batteries à
électrolyte en gel et à électrolyte liquide.
- Le fait de déconnecter les batteries ou d'ouvrir les coupe-circuits lorsque le moteur tourne provoque la destruction du circuit électrique (régulateur notamment).
Le démarreur est un moteur électrique d'assez forte
puissance, fonctionnant sous ampérage élevé. Il est conçu pour
fonctionner en charge pendant de très courte période, de l'ordre de 10
secondes maximum. Si un moteur ne démarre pas, il ne faut pas tirer sur
le démarreur plus de 10 secondes. Dans un tel cas, laisser le démarreur
se refroidir 30 secondes avant de réessayer.
Le préchauffage sert à chauffer les chambres de combustion avant
un démarrage à froid. Dans un moteur diesel, le mélange carburant + air
s'enflamme spontanément sous l'effet de la haute pression régnant dans
la chambre de combustion (cylindre). Le "point éclair" du mélange
dépend de la pression et de la température. Lorsque le moteur est froid
(notamment l'hiver), et / ou lorsque les cylindres comportent une
chambre de turbulence, le mélange ne s'enflamme pas spontanément. On
utilise des bougies de préchauffage à filament pour préchauffer la
chambre juste avant d'actionner le démarreur.
Un minuteur vous prévient (signal sonore et/ou signal lumineux) que la
température correcte est atteinte et que vous pouvez démarrer. Si vous
continuez à préchauffer au delà de ce délai, vous risquez de détruire
les filaments des bougies de préchauffage.
Transmission
Notre moteur tourne, il est convenablement
lubrifié et refroidi, il reste à transmettre le mouvement rotatif du
vilebrequin jusqu'à l'hélice du navire. C'est le rôle de la
transmission. Outre son rôle fondamental de transmission du mouvement,
on lui demande quatre choses :
- permettre de faire tourner l'hélice dans un sens ou dans l'autre (marches avant et arrière), c'est la fonction inverseur;
- faire tourner l'hélice dans une plage de vitesses de rotation qui
lui convienne qui ne correspond pas nécessairement à la plage des
régimes moteur, c'est la fonction réducteur
- transmettre la poussée engendrée par l'hélice vers le bloc moteur solidaire de la coque
- transmettre ces mouvements et cette poussée sans laisser entrer
d'eau, alors même que le moteur est hors d'eau et que l'hélice est dans
l'eau !
La transmission comprend six éléments principaux : un inverseur
réducteur, sorte de boite de vitesses simplifiée, un arbre moteur, un
tube et un palier qui permettent à l'arbre de passer à travers la coque
sans battre, un presse-étoupe (ou joint tournant, peu importe) qui
assure l'étanchéité à la sortie de l'arbre, une bague hydrolube en caoutchouc qui assure le maintien latéral de l'arbre à la sortie du tube d'étambot ou au passage de la chaise d'arbre, et enfin l'hélice elle-même.
L'inverseur réducteur est une boite de vitesse simple : une
vitesse avant et une arrière. Elle demande seulement à être bien
lubrifiée, avec une bonne huile propre qui lui convienne.
L'arbre demande seulement à être parfaitement aligné avec la
sortie de l'inverseur. Il faudra vérifier cet alignement de temps en
temps en raison de l'écrasement progressif des silent-blocs sur
lesquels le moteur repose.
Le presse étoupe classique est composé d'un boitier, d'une
tresse textile imbibée de graisse, et d'un graisseur. Le presse étoupe
classique est parfaitement fiable et étanche pour peu que la graisse ne
manque jamais. On a maintenant inventé des joints tournants sans
graisse. Je n'aime pas du tout, quand ça claque l'eau inonde rapidement
le bateau. On a aussi inventé des joints en caoutchouc à bec de canard.
Cela a l'air moins mal, mais je préfère encore le bon vieux
presse-étoupe à graisseur avec lequel les problèmes s'annoncent par de
tout petits suintements. Les joints modernes claquent d'un coup, c'est
très désagréable de se retrouver en quelques dizaines de minutes avec
des centaines de litres d'eau dans les fonds.
Tableau récapitulatifs des vérifications et opérations d'entretien courant
Le tableau ne traite pas les opérations spécifiques à la période de rodage. Voir votre manuel d'opérations.
| Quotidien
| Tous les 15 jours ou 100 heures
| Tous les ans ou 200 heures
| Un an sur deux, ou 400 heures
|
Niveau liquide refroidissement
| Vérifier (1)
|
|
|
|
Niveau huile moteur
| Vérifier (1)
|
|
|
|
Refroidissement
| Vérifier échap.
|
|
|
|
Indicateurs (charge batterie, temp. moteur,
pression huile)
| Vérifier
|
|
|
|
Electrolyte batteries classiques
|
| Vérifier, compléter
|
|
|
Filtre à eau de mer
|
| Nettoyer
|
|
|
Filtre primaire gazole et bol décanteur
|
| Vérifier, nettoyer
|
|
|
Thermostat et alarme
|
| Vérifier, nettoyer
|
|
|
Filtre à air
|
|
| CHANGER élément filtrant
|
|
Filtre à gazole
|
|
| Nettoyer
| CHANGER
|
État et tension courroie alternateur
|
|
| Vérifier, régler, changer si néc.
|
|
Huile moteur
|
|
| CHANGER
|
|
Filtre à huile
|
|
| CHANGER
|
|
Huile inverseur
|
|
| Vérifier
| CHANGER
|
Bloc moteur
|
|
| Nettoyer, dégraisser,
désoxyder, protéger
|
|
Turbine pompe refroidissement "eau de mer"
|
|
| Vérifier, changer si néc.
| CHANGER
|
Arbre, paliers, hélice
|
|
| Vérifier état et jeu
|
|
Boulonnerie moteur et accessoires
|
|
| Vérifier
|
|
Anodes zinc moteur
|
|
|
| CHANGER
|
Alignement moteur ligne d'arbre
|
|
|
| Vérifier
|
Filtre à gazole
|
|
| CHANGER
|
|
Durites, tuyaux souples
|
|
|
| Vérifier, changer si néc.
|
Liquide de refroidissement
|
|
|
| PURGER, CHANGER
|
Réservoirs de gazole
|
|
|
| Vidanger, purger, nettoyer le dépôt
|
(1) De nombreux plaisanciers (moi le premier)
s'abstiennent de vérifier les niveaux chaque jour : il faut soulever
les planchers, descendre dans la cale moteur, etc. Nous avons surement tord.
Mais il faut s'obliger à le faire réellement au moins une fois par semaine.
Et bien entendu
surveiller tout le temps les cadrans : pression
d'huile, température moteur, intensité de la charge batterie. En cas
d'anomalie d'un seul de ces indicateurs il faut arrêter
impérativement, et descendre regarder ce qui se passe.
Les règles de bonne utilisation
Pour éviter l'usure prématurée et les ennuis, l'entretien ne suffit pas, il faut aussi bien utiliser son moteur. Par exemple :
- Avant le démarrage, appliquez la check-list : la vanne
de prise d'eau de refroidissement est ouverte, le robinet de gazole est
ouvert, le niveau d'huile est ok, le niveau de liquide de
refroidissement (antigel) est ok, la prise de quai est débranchée et le
coupe-circuit de la batterie de démarrage est fermé (sauf système
automatique).
- Démarrage.
Utiliser le préchauffage pendant la durée prévue
(timer à sonnerie et ou lampe témoin qui s'éteint), puis actionnez le
démarreur. En règle générale, on ne doit jamais solliciter le démarreur
pendant plus de cinq secondes. Si le moteur n'a pas démarré en cinq
secondes, laisser le démarreur refroidir une trentaine de secondes,
et réessayez une seconde fois. Si à la seconde tentative le moteur n'a pas démarré, ne pas insister.
Il y a un problème qui doit être diagnostiqué. Un moteur diesel moderne
en bon état démarre toujours à la première ou à la deuxième tentative.
- Chauffage moteur. Un moteur diesel doit être mis en température avant de fournir un gros effort (note: il est préférable de naviguer au ralenti
pendant ce préchauffage, plutot que de laisser le moteur tourner à vide
avec l'hélice débrayée). Compter dix minutes pour mettre un moteur en
température avant d'accélérer. Surveiller les témoins : température
moteur, pression d'huile.
- Eviter les variations thermiques inutiles. Les diesels marins détestent les variations thermiques. Si vous devez vous arrêter quelques instants (éclusage par exemple), ne coupez pas le moteur.
- Arrêt en douceur. Si vous avez utilisé le moteur à régime
élevé et que celui-ci est donc bien chaud, laisser le tourner quelques
minutes au ralenti avant de le couper. La baisse progressive de
température ainsi obtenue est très bonne pour le moteur.
Symptomes et diagnostic
Je n'indique ici que les incidents les plus fréquents que tout plaisancier expérimenté doit reconnaitre.
Fortes vibrations de l'appareil propulsif accompagnées de perte de puissance
- Cordage ou sac plastique pris dans l'hélice (un grand classique...)
- Hélice cassée ou ébréchée (rentrer à très basse vitesse, ralenti mini pour ne pas tout casser !)
Le moteur chauffe
- Vanne de prise d'eau restée fermée
- Crépine obstruée par algues, débris végétaux ou sac plastique
- Filtre primaire eau de mer sale
- Turbine de la pompe à eau de mer abimée
Le moteur ne crache pas d'eau par l'échappement humide
- Pompe de refroidissement eau de mer désamorcée après remise à l'eau du bateau
- Vanne de prise d'eau restée fermée
- Crépine obstruée par algues, débris végétaux ou sac plastique
- Filtre eau de mer sale
- Turbine de la pompe à eau abimée
Le moteur hoquète et cale
- Impuretés ou eau dans le gazole
- Prise d'air dans le circuit d'alimentation
- Panne sèche
Le moteur s'arrête brusquement avec un fort claquement
- Cela
peuvent être trente six choses qui ont cassé. Appeler le CROSS, le
SAMU, le mécano du port, brulez des cierges, ce n'est plus à votre
portée de diagnostiquer et réparer.
Le démarreur ne tourne pas
- Coupe-circuit de la batterie démarrage resté ouvert
- Batteries à plat (il faudra diagnostiquer pourquoi elles sont à plat. Vérifier l'état de l'alternateur)
- Cosses oxydées ne faisant plus contact
- Disjoncteur moteur général ouvert
- Eau ou air dans le circuit gazole
Le moteur ne démarre pas
- Manette de commande d'arrêt sortie
- Robinet du réservoir de carburant fermé
- Présence
d'air dans l'alimentation (purger au niveau du filtre à gazole, puis au
niveau de la pompre d'injection, et enfin au niveau des injecteurs si
ça ne démarre toujours pas)
- Présence d'eau ou d'impuretés dans le gazole (vérifier au niveau du bol décanteur, et au niveau du filtre à gazole).
Emission de fumée noire : mauvaise combustion
- Filtre à air colmaté
- échappement colmaté (si échappement humide, vérifier l'état du coude d'échappement)
- Le moteur a tourné longtemps au ralenti (le fumées disparaissent lorsque l'on accélère)
- Un injecteur bouché ou déréglé (dans ce cas, s'accompagne de perte de puissance)
- Mauvais calage de la pompe d'injection (après une intervention sur celle-ci)
Émission de fumée grise ou bleutée : le moteur brule de l'huile
- Si perte de puissance, pompe d'injection déréglée ou poussoirs des aiguilles d'injecteurs déréglés
- Vous avez mis trop d'huile dans le carter d'huile.
- Usure du moteur (cylindres, segments,...)
Le moteur émet de la fumée blanche : vapeur d'eau
- Entartrage de l'échangeur ou du coude d'échappement humide
- Joint de culasse claqué
Le moteur manque sensiblement de puissance (ne prend pas ses tours)
- Filtre à carburant encrassé
- Filtre à air encrassé
- Si émission de fumées voir ci-dessus
- Si vibrations voir ci-dessus, paragraphe "vibrations"