La décision est prise, vous allez changer de bateau. Le
vôtre est trop petit - trop ancien - trop gros - trop gourmand - trop
cher d'entretien - inadapté à votre projet de voyage (rayez les
mentions inutiles). Vous l'avez mis en vente, et en attendant
l'acheteur (de préférence généreux et fortuné) qui succombera au charme
de la vieille coque, vous vous préparez à choisir la future merveille
de vos nouveaux rêves.
Pour vous aider dans cette belle aventure et éviter qu'elle ne se reproduise tous les six mois ou un an, et pour éviter d'y dépenser plus que nécessaire, je vous livre ici mon expérience personnelle (7 bateaux en 40 ans). C'est pas de la science exacte, il y a surement à prendre et à laisser, vous prendrez ce qui vous convient en l'adaptant à votre cas personnel. Une démarche rarement rationnelleEn bon cartésiens que nous nous flattons d'être, nous savons que le choix d'un bateau doit se faire à partir de critères explicites, organisés et hiérarchisés dans le cadre d'une démarche rationnelle. Comme toute démarche rationnelle (je pense donc je suis), elle se décrit en petits points a), b),...z), avec des passages obligatoires, des go-to et des exceptions, du genre :
Quel type de bateau, quels aménagements ?En simplifiant, sept types de bateaux se partagent les faveurs des plaisanciers en eaux intérieures : les trawlers, les kotters, les vedettes hollandaises à cabine arrière, les vedettes à cockpit, les bateaux de canal en polyester, les luxemotors, la grande famille des ex-bateaux de transport à fond plat, le plus répandu étant le tjalk. Je n'évoque pas ici les anciens bateaux de service (remorqueurs, bateau de patrouille, etc.) réaménagés pour la plaisance, pas plus que les bateaux logement du genre Freycinet aménagée. Je n'évoque pas non plus certains bateaux traditionnels hollandais ou anglais (narrow-boats par ex.) peu répandus en France. Les trawlers. Trawler signifie chalutier en
anglais. Par extension, on désigne sous ce nom des bateaux de plaisance
dont la forme de carène est inspirée de celle des petits chalutiers
traditionnels des côtes américaines de l'Atlantique Nord. Un
trawler bien conçu est un vrai bateau de mer à déplacement .
Pour l'utiliser sur les canaux et rivière, on prendra garde à
sélectionner une unité sans pont supérieur (flying-bridge) pour rester
en dessous des 3m fatidiques de tirant d'air (voir ci-dessous le chapitre sur tirant d'eau et tirant d'air). Par ailleurs, la plupart
des trawlers ont deux moteurs, solution que je n'aime pas du tout (avis
personnel bien sur !) pour les raisons que j'explique plus loin. Un joli trawler : le Bora 43 du chantier Pedro. Un peu haut pour nos canaux anciens malheureusement. Les kotters. Très répandus en Hollande, ils
sont conçus pour la navigation côtière (mer du Nord, Baltique) et pour
la navigation fluviale dans les grands estuaires du Nord de l'Europe.
Robustes, marins, certains d'entre eux sont assez mal adaptés à la
navigation sur les "petits" canaux du fait de leur tirant d'eau et
tirant d'air. De plus, bon nombre d'entre eux n'ont pas de
portes latérales de timonerie et ont donc une accessibilité peu
pratique pour les manœuvres d'écluse (voir sur ce point les
explications dans la section sur les vedettes hollandaise AK). Notez que tous les bateaux à moteur roulent beaucoup dès que la mer n'est pas plate. La bonne solution, économique et efficace, est d'équiper le bateau d'un petit mat et d'une voile d'appui. Certains kotters ont un vrai mat d'une dizaine de mètres de hauteur et sont donc de véritables voiliers à moteur (motorsailers). Lorsque l'on achète un kotter avec l'intention de l'utiliser souvent sur les canaux, il faut vérifier que le mat peut être facilement couché et remis en place. Un kotter hollandais Les vedettes hollandaises à cabine arrière (aft cabin en anglais, Achterkajuit en néerlandais, abréviation dans les annonces : AK) sont les bateaux privés plus répandus sur les fleuves et canaux européens. Elles offrent une habitabilité importante par mètre de coque, ce qui est la raison de leur succès. Bon nombre d'entre elles révèlent quelques vrais inconvénients à l'usage :
Une vedette hollandaise à cabine arrière moderne : Linssen Grand Sturdy Les vedettes
à cockpit arrière (open cockpit ou aft cockpit en anglais, Open Kuip ou OK sur les annonces
hollandaises), ne posent pas les problèmes d'accessibilité dont
souffrent les AK. Plus basses, elles accèdent à tous nos petits canaux.
Moins d'échelles à gravir, une sortie facile sur le cockpit et de là
vers les passavants, une bonne visibilité extérieure depuis le
salon-timonerie, elles seraient parfaites, si toutes ces qualités ne se
payaient par une habitabilité bien moindre que sur une AK à longueur de
coque, déplacement et budget égaux. La majorité des plaisanciers
veulent naviguer en famille ou avec des amis et préfèrent les deux
cabines bien séparées d'une AK. Une belle vedette à cockpit adaptée à la navigation mixte (Barkas 1200)
Les bateaux de canal en polyester
sont ceux proposés par les loueurs. Certains particuliers les rachètent
d'occasion et les font rénover. Ils offrent une habitabilité maximale par mètre de coque,
des aménagements souvent bien pensés pour la croisière familiale
paisible. Ils sont tout à fait inaptes à toute navigation maritime, et
même à la navigation sur les fleuves (Seine, Rhône, Rhin, Loire). Un bateau de canal : pénichette 935 de location
Les luxemotors sont des
bateaux traditionnels de plaisance, construits entre 1915 et 1930,
encore assez répandus de nos jours. A part leur "look"
sympathique, il n'ont pas grand chose pour eux du point de vue qualité
nautique ou qualité de vie. Toute la partie habitable est "dans la
cale", souvent très peu lumineuse, sans vision sur l'environnement
extérieur. Certaines unités toutefois ont des superstructures équipées
de fenêtres donnant de la lumière dans la partie habitable,
malheureusement au détriment de l'esthétique du navire. Le poste de
conduite sous marquise est parfois exigu. Les luxemotors ont des coques
longues et étroites, efficaces du point de vue hydrodynamique. Un petit
moteur de 50 à 60cv suffit pour faire avancer un luxemotor de 18 à 24m
à 6 ou 7 nœuds. Un petit luxemotor typique bien sympathique
Les tjalks
("sabots" en
français") et autres bateaux traditionnels à fond plat sont souvent
choisis pas ceux qui veulent un bateau spacieux, destiné à être utilisé
comme logement permanent ou semi-permanent, et qui en même temps
souhaitent pouvoir
naviguer sur les rivières et canaux. La version traditionnelle est
équipée de dérives latérales extérieures et d'une voilure aurique. Là
encore, la partie habitable est "dans la cale", sans vue
extérieure si ce n'est par quelques hublots, sauf aménagement de
superstructures ad hoc. Ces bateaux offrent un très grand volume
habitable pour une longueur donnée de
coque. Même si les hollandais n'hésitaient pas à les utiliser pour le
transport sur leurs
grands estuaires ou sur l'IJsselmeer, ces bateaux à fond plat ne sont tout même pas
taillés pour aller en mer ouverte. De plus, ils sont incapables de
remonter les grands fleuves à fort courant (Rhône, Loire, Rhin, etc.). Un très joli tjalk aménagé pour la plaisance Un grand nombre de bateaux de plaisance souffrent en outre d'un défaut, et ce quelque soit leur type : une mauvaise accessibilité au moteur pour l'entretien ou les réparations, sans même parler du changement de moteur. C'est un point à surveiller lors du choix d'une unité. Aucune n'est parfaite, certaines sont à ce point de vue franchement mauvaises : par exemple obligation de découper à la torche plasma tout le toit de la timonerie (puis de le ressouder après intervention) pour envisager d'extraire le moteur. Quand en plus la timonerie abrite un beau salon avec menuiseries en bois précieux, je vous laisse imaginer le chantier ! Aucun type de bateau n'est "le meilleur" dans l'absolu. Un bateau est toujours un compromis entre des exigences contradictoires. En revanche, il ne faut pas demander à un type de bateau ce qu'il est bien incapable d'offrir, ayant été conçu pour un tout autre usage. Quelle taille ?Vouloir un grand bateau, plus grand que nécessaire, est une erreur typique des plaisanciers débutants. Le volume d'un bateau doit être proportionné au nombre de personnes qui vivront à bord, et à la durée prévisible des séjours. Pour fixer les idées, une vedette à moteur de 10 mètres sera probablement agréable pour une famille de 2 adultes + 2 enfants pour une durée maxi de deux ou trois semaines d'été. Quoique prétendent les superbes dépliants commerciaux des constructeurs, un bateau équipé de six couchettes sera invivable si l'on tente d'y fourrer réellement six personnes pendant plus de 24 heures. Transformer les banquettes du salon et de la timonerie en lits à grand coup de tables coulissantes ou de panneaux posés entre banquettes est un "jeu" très vite insupportable.Il sera peut-être possible d'aménager ce bateau pour le séjour à bord d'un couple sans enfant pendant plusieurs mois, mais attention, séjourner quatre à six mois à bord (avec de nombreuses escales bien entendu) implique un volume de vêtements, de literie, de provisions diverses sans commune mesure avec les besoins d'une petite croisière estivale. En particulier, la navigation en saison froide nécessite de caser un volume impressionnant de vêtements chauds, de couvertures ou couettes, etc. Le petit tableau ci-dessous résume ma petite expérience de l'habitabilité réelle des bateaux à moteur utilisés en croisière mixte, fluviale et côtière dans de bonnes conditions de confort :
N'oubliez
pas : tout mètre supplémentaire coûte cher : places de port plus rares
et plus chères, moteur plus puissant et plus gourmand, coque plus
fastidieuse et fatiguante à gratter, nettoyer et peindre si vous faites le travail vous-même. Le bateau
idéal doit avoir la bonne taille, mais pas plus. De plus, si vous voulez éviter de nombreuses contraintes administratives et réglementaires, et/ou si vous voulez naviguer sur le Rhin (qui a une réglementation particulière), il est très préférable de se limiter à un bateau d'une longueur inférieure à 15m.
Quelle type de coque ?En simplifiant un peu, les bateaux à moteur se répartissent entre trois types de coques : les catamarans à moteur, les monocoques à carène planante ou semi-planante et les monocoques à déplacement.
Les catamarans à moteurIls sont surement très rapides et spacieux, mais les belles unités peuvent être limitées dans leur choix de croisières fluviales : un 37 pieds comme celui photographié ci-dessus passe dans le gabarit Freycinet, mais n'entre pas dans les écluses des petits canaux bretons limitées à 4,70m de large. Même en croisière côtière, de nombreux petits ports ne peuvent pas accueillir les "catas" sur ponton. Il est vrai que la facilité d'échouage facilite les mouillages forains... En tout cas, c'est un bateau très typé, destiné plutôt à un projet hauturier, me semble-t-il. Je manque totalement d'expérience avec ces bateaux, d'autres plus compétents pourront peut-être compléter ou modifier ces lignes.Les vedettes planantes et semi-planantesUne
vedette "planante" est capable de déjauger, c'est à dire de soulever
une partie de la carène hors de l'eau. Lorsqu'il déjauge, ce n'est plus
la poussée d'Archimède qui supporte le bateau, mais la surface de l'eau
sur laquelle il plane.
|
![]() La poupe d'une "vraie" carène à déplacement, ici un "kotter". |
![]() Une belle hollandaise moderne. Arrière large, tableau droit, grande cabine, et piètre rendement. |
Comme le rappelle fort bien J.P. Lamotte dans la belle page web qu'il consacre à la vitesse critique, les bateaux traditionnels un peu anciens (remorqueurs, chalutiers, luxmotors hollandais) avaient tous une longue voute arrière inclinée, très efficace pour récupérer l'énergie de la vague d'étrave. Les bateaux modernes ont gagné en habitabilité mais ont perdu en rendement énergétique.
Bateau fluvial ou bateau mixte ?
Autre critère de choix : voulez-vous un bateau fluvial avec de larges ouvertures vitrées, un pont solarium... et un fardage important, ou au contraire un bateau marin conçu pour résister aux vagues par force 5 à 6, avec de petites ouvertures faciles à obturer? Voulez-vous un bateau avec un vaste pont arrière faisant espace de vie, pensé pour la vie en plein air l'été dans les zones tempérées, ou un bateau plus clos, intime, avec un vaste salon intérieur et peu ou pas d'espace extérieur pour le farniente ? Naviguez vous seulement l'été ou aussi en hiver, par temps de pluie, de brume ou de froid ?Certains types de bateaux sont tout à fait inaptes à la croisière mixte (voir la première section de cet article). Dans d'autres types, les vedettes hollandaises à cabine arrière par exemple, il faut regarder au cas par cas, on trouve des modèles exclusivement fluviaux ou mixte :
La motorisation
| A
noter : un moteur marin diesel moderne consomme 200 g/kW/h pour les
plus efficaces, et jusqu'à 290 g/kW/h pour les moins efficaces. Prenons une valeur moyenne de 220 g/kW/h. Un moteur a en général et approximativement son couple maxi au 3/5 de sa puissance maxi (voir la courbe de puissance pour chaque moteur). Donc si un bateau est bien conçu (moteur bien adapté), et qu'il est équipé d'un moteur de 100cv (soit 73.5 kW), à sa vitesse de croisière il consomme environ 100 * 3/5 * 220 * 0.735 = 9700 grammes de gazole, soit à peu près 10 litres/heure. Bien évidemment, au ralenti sur un canal il consommera sensiblement moins : en appliquant la même formule, on voit que le même bateau utilisé au 2/5 de sa puissance maxi consomme 6,5l, ce qui correspond bien à ce que l'on observe avec un bateau d'une douzaine de mètres équipé d'un moteur d'environ 100cv. |
Exercice pratique: Nous faisons de vraies croisières et nous naviguons 250 à 300 heures par an (trois à quatre mois). Notre bateau destiné à un couple fera environ 11m de longueur. Il aura deux cabines (en plus du salon) et un vrai cabinet de toilette avec douche. Nous avons bien entendu décidé que notre bateau sera "à déplacement", et dans mon cas, sera mixte, fluvial et maritime. Quelle doit être la motorisation ? Un ou deux moteurs ? 100cv ou 400cv ?
Tout d'abord, évacuons une option inadaptée : en aucun cas un croiseur ne devrait être équipé d'un moteur avec une embase en Z. Laissons cela aux petits bateaux rapides qui naviguent quelques heures par an... Seule la ligne d'arbre classique, avec une cage d'hélice ou un étambot protégeant le safran et l'hélice nous offrira une fiabilité et une robustesse acceptables.
Un ou deux moteurs ? Le choix entre un ou deux moteurs est pour moi très simple : deux moteurs (et bien sur deux arbres, deux presse-étoupes, deux hélices,..) = deux sources d'ennuis, deux sources de dépenses, deux fois plus d'entretien, deux fois plus de pièces détachées, etc. Tous les chalutiers traditionnels de petite taille (jusqu'à 25m) ont un seul moteur et s'en trouvent fort bien. Quand à l'argument sécurité, il me laisse dubitatif. Un moteur de bonne qualité bien entretenu (vraiment bien entretenu, nous reviendrons sur ce que cela implique dans un autre article) ne vous laissera jamais en plan. Deux moteurs mal entretenus peuvent très bien s'arrêter ensemble : ils ont le même réservoir de gazole (risques de bactéries, eau,..), les mêmes groupes de batteries. Je ne vois aucun intérêt réel à avoir deux moteurs sur une coque à déplacement de moins de quinze mètres. C'est mon avis, je le partage, tout en sachant que de nombreux propriétaires préfèrent 2 moteurs pour le sentiment psychologique de sécurité que cela offre.
En revanche, je concède volontiers qu'un bateau équipé d'un seul moteur sera plus agréable et facile à manoeuvrer dans les écluses et les ports s'il est doté d'un propulseur d'étrave. Ce n'est pas indispensable, mais quand on y a gouté, on ne s'en passe plus...
Quelle puissance ? Pour pouvoir remonter le Rhin, le Rhône ou la Loire, il faut pouvoir naviguer à environ 8 noeuds, ce qui est un peu inférieur à la vitesse critique d'une vedette de 12m50, 13 tonnes de déplacement lège, telle que l'Aquanaut illustrée ci-dessus (9 noeuds de vitesse critique, 7 noeuds croisière). Quelle puissance est nécessaire pour cela, sachant que la vedette étant à déplacement, tout excédent de puissance sera dissipée en déplacement d'eau et en déformation élastique de la coque. La réponse empirique à cette question est donnée par les architectes navals qui ont accumulé les expériences. Dans notre exemple, il faut environ 50 KW (soit environ 68 cv) pour permettre à cette hollandaise de 12m50 d'atteindre sa vitesse critique en eau calme. Les architectes savent qu'en eau agitée, la résistance à l'avancement augmente. On peut admettre (approximation grossière, cela dépend fortement de la forme de carène et de la hauteur moyenne du clapot), qu'il faut 15 à 25% de puissance en plus pour atteindre la vitesse critique en eau agitée. Prévoyons en plus une marge de 25% pour que le moteur travaille au régime optimum, là ou le couple est maximum et la consommation par kW minimum. En raisonnant ainsi "à la louche", on admettra que le moteur idéal aura une puissance maximale double de celle nécessaire pour atteindre la vitesse critique en eau calme. Vous suivez ? La conclusion est qu'il est complètement inutile de mettre un moteur de plus de 130 à 140cv dans cette vedette. On remarquera (et ce n'est évidemment pas un hasard) que les motorsailers les plus prestigieux sont équipés de moteurs de 45 cv pour des déplacements de l'ordre de 7 tonnes (coques de 34 ou 35 pieds) et de moteurs de 80 ou 90 cv pour des déplacements de 12 tonnes (coques de 40 à 42 pieds).
En pratique, un beau bateau de croisière fluvio-maritime aura environ 80 à 100cv pour 10m de coque, 8 à 10 tonnes de déplacement lège, et environ 120 à 150cv pour une coque de 12m déplaçant environ 14 tonnes. Si l'on vous propose 2 fois 250 cv, fuyez ! (sauf à ne naviguer que 10 heures par an comme c'est le cas pour la plupart des beaux yachts dans les ports méditéranéens).
Enfin, il est admis que les moteurs atmosphériques à régime lent vivent plus vieux que les moteurs turbocompressés à régime rapide, mais qu'ils consomment un peu plus. On ne peut pas tout avoir! Sachez aussi qu'un bon gros diesel de grande marque (Volvo, Mitsubishi, Perkins, etc.) bien entretenu a une espérance de vie d'au moins 8000 à 10.000 heures, beaucoup plus que ce que vous ferez avec votre bateau.
Pour finir sur la motorisation, n'oubliez pas de vérifier que le beau bateau qui vous fait envie dispose d'un (ou plusieurs) réservoir de gazole donnant une autonomie suffisante pour la croisière, soit une centaine d'heures moteurs au minimum. Le calcul doit tenir compte du fait que 20% de la capacité du réservoir est inutilisable.
Quel tirant d'eau, quel tirant d'air ?
Si vous avez l'intention de croiser sur les petits canaux français (canaux du midi, du Centre, de Bourgogne, du Nivernais, bretons, etc.), il vous faut impérativement un bateau à faibles tirant d'eau (TE) et tirant d'air (TA). Attention les valeurs maximum "officielles" annoncées par VNF sont parfois fausses. Renseignez vous auprès de ceux qui pratiquent vraiment les voies d'eau qui vous intéressent.
En pratique, pour accéder à la plupart des petits canaux français, vous sélectionnerez un bateau dont le TE sera inférieur ou égal à 1,15m et le TA à 3,30m. Pour le TE, vous pouvez aller jusqu'à 1,25 grand maximum, mais ces dix centimètres de plus se feront sentir chaque fois que vous raclerez en tentant d'accoster "en sauvage" dans la nature sur un beau canal. Pour le TA, 3,30m est une limite absolue si vous voulez accéder aux canaux du Centre (Briare, Loire, Centre, Bourgogne, Nivernais,...)
Et tout le reste...
Pour tout le reste, il faut faire une check-list, et accepter de compléter et équiper son bateau petit à petit :- Confort : chauffage, eau chaude et froide sous pression, douche, plaque de cuisson, four, etc. Notez que le chauffage de l'eau, très agréable (une bonne douche chaude à bord est un plaisir royal après une journée de navigation en mer), peut être à gaz ou par échangeur de température chauffé par le moteur. A gaz, les bouteilles se vident rapidement. A échangeur, si l'on veut que 2 ou 3 personnes puissent se doucher, il faut un modèle à grosse inertie thermique, donc avec un gros ballon. Si vous le pouvez, installez les deux : chauffe-eau instantané à gaz pour la cuisine, et ballon à échangeur sur le circuit de refroidissement du moteur pour la douche.
- Rangements : coffres, placards cuisine, salon et cabines, coffres de pont, soute à produits alimentaires, ... on manque toujours de rangements accessibles et secs.
- Equipements de navigation : pilote automatique (pour la mer seulement), VHF, GPS, sondeur...
- Armement : aussières, défenses, ancre et ligne de mouillage, guindeau (électrique si vous naviguez en croisière côtière), mouillage de secours, matériel de sécurité, gaffes, ...
- Sécurité du navire : détecteur de gaz (compartiment des bouteilles de gaz), détecteur de fumée dans le compartiment moteur, alcootests pour le skipper, etc.
- Autonomie : groupe electrogène, panneaux solaires, réservoirs de volume suffisant
Les idées reçues à prendre avec des pincettes...
Le choix d'un bateau c'est un coup de foudre.Qui peut le plus peut le moins. Mon ami (voisin, collègue) a un SCHPOUTZ-36, il a traversé l'Atlantique. Moi je veux faire les côtes du Morbihan, le SCHPOUTZ-36 me conviendra donc très bien. Justement mon ami (voisin, collègue) met le sien en vente !
Il faut saisir une bonne affaire. Le BLONK-34 s'est vendu à des centaines d'exemplaires et me plait bien. Neuf, il vaut 210K€. Celui-ci d'occasion vaut 65K€, soit 20K€ de moins que la cote Argus du bateau. C'est donc une bonne affaire à saisir, j'achète.
Il faut se fier à l'avis d'autrui. Des dizaines de plaisanciers tous très expérimentés (ils ont tous fait de grandes traversées par force 9) se retrouvent sur le forum Tralalaïtou (le forum de la plaisance au grand large), presque tous disent du bien du MIAM-33. Ils ne peuvent pas tous se tromper et raconter des blagues quand même. Je sens que je vais craquer pour un MIAM-33.
Les courtiers (brokers en anglais) sont des parasites. Je suis bien capable de regarder les petites annonces sur le Web et de visiter les ports. Pas besoin de payer 8% de plus que nécessaire pour engraisser ces broqueurs.
Et pour finir... les bases de données européennes de bateaux à vendre :
www.allboats.com
www.e-y-n.com
www.botenbank.nl
www.boatshop24.com
www.bootselect.nl
www.boten.be
www.apolloduck.com
www.boatshed.com
www.yachtworld.com
www.yachtfocus.com
Il y a bien sur beaucoup de redondance, les courtiers insérant leurs annonces dans plusieurs bases. Vous pouvez utiliser les outils linguistiques de Google pour traduire les pages en hollandais ou en d'autres langues que vous ne pratiquez pas suffisamment.













