Canal de Bourgogne

Nous vous proposons le parcours dans le sens de Saint-Jean-de-Losne vers Migennes.

La première partie du canal, entre Saint-jean-de-Losne et Dijon est la moins intéressante. Cette section est franchement  monotone : grande lignes droites interminables dans un paysage plat. Rien donc qui mérite d'être signalé avant Dijon.

Dijon mérite une longue escale. Le port de plaisance serait parfait s'il n'était un peu envahi par les algues. Si vous n'avez pas un "keel-cooling" à circuit fermé, pensez à nettoyer votre crépine de prise d'eau de refroidissement avant de repartir ! A part ça, tout va bien. Les douches sont dans une petite maison voisine du port et venaient d'être refaites lors de notre passage au tout début septembre 2009. Le super-marché est à 150m du port, de l'autre coté du canal.

La ville elle-même est très animée et agréable à visiter. Une navette minibus gratuite (Diviacity) fait le tour du centre ville et permet au visiteur fatigué de passer d'un quartier à l'autre. Cette ville est la capitale de la Bourgogne et son patrimoine bâti est d'une richesse extraordinaire. Je ne vais pas citer ici tous les monuments qui méritent au moins un détour, vous trouverez liste, adresses et photos sur le site de l'office de tourisme.
Bien entendu, on ne quitte pas Dijon sans avoir visité le palais des Ducs de Bourgogne qui abrite le Musée des Beaux-Arts, un des plus riche de France. J'ai aussi beaucoup apprécié le Musée de la Vie Bourguignonne situé dans le cloître du Monastère des Bernardines, consacré à l'ethnologie rurale bourguignonne.

Après Dijon et passé la banlieue de la ville, le canal devient plus intéressant. En particulier la montée vers la voute de Pouilly (à partir de pont d'Ouche) est  très plaisante. Une escale agréable est possible à la halte fluviale de Vandenesse-en-Auxois. On peut y visiter l'atelier d'une artiste qui propose des bijoux originaux (photos dans mon album), et aller visiter Châteauneuf-en-Auxois, village médiéval classé avec sa forteresse, qui domine la vallée (2km à pied à partir de l'écluse).

Dans l'échelle d'écluses qui précède la voute, arrêtez vous à l'écluse n°4. L'éclusier a accumulé depuis des années une extraordinaire collection d'outils agricoles de la seconde moitié du XIXe et du début du XXe siécle.  On peut aussi faire escale dans le grand bassin situé au dessus de l'écluse n°1 d'Escommes, juste avant de s'engager sous la voute (n'oubliez pas de prendre le mini-émetteur portable à l'écluse et de signaler précisément votre heure prévue de passage).

Pouilly-en-Auxois est une escale agréable. Le port de plaisance est spacieux, bien organisé, et offre toutes les prestations souhaitables, y compris une connexion wifi gratuite. Le super-marché est à 150m du port. Le village de Pouilly est à 500 ou 600 m du port, mais le trajet est un plaisir : on emprunte le joli chemin qui longe le canal, à l'ombre d'arbres centenaires. Au port même, on peut admirer l'ancien toueur qui assurait le franchissement du tunnel (voir photo dans mon album).

La descente après Pouilly se fait également dans un joli paysage. La première escale qui se présente à nous est celle de Saint-Thibault, petit village possède une très belle église gothique. Le canal traverse ensuite la tranchée de Creusot (photos dans l'album) qui nous fait passer du bassin de l'Armançon à celui de la Brenne, avant d'arriver à  Marigny-le-Cahouët. C'est un joli petit village bourguignon. Un quai permet de s'arrêter confortablement.
On arrive ensuite à Venarey-les-Laumes,  où est implantée une base de location. Le port de Venarey est dans un environnement industriel triste. Le village lui-même est sans attrait, et les commerces sont très éloignés du port. Il y a bon nombre d'autres endroits plus jolis dans la région et l'on fuirait tout de suite, mais, pour ceux qui ont aimé à l'école les histoires de Gaulois, le site d'Alésia est à 4km de Venarey, en direction d'Alise-Sainte-Reine.

L'étape suivante est Montbard, qui elle mérite une longue escale. Montbard est une ville fort ancienne. Sans remonter aux gaulois, c'est la ville natale de Buffon, le grand naturaliste du XVIIIe siècle. Un musée lui est consacré. On visite aussi le parc Buffon. Aménagé au XVIIIe siècle par Buffon, le parc  est un jardin historique bâti sur un ancien château des ducs de Bourgogne dont il reste aujourd’hui les remparts et deux grandes tours. Buffon fit construire son cabinet de travail sur la terrasse supérieure du parc où il rédigea une grande partie de l’Histoire naturelle. Son jardin était connu des beaux esprits du siècle des Lumières, et la petite histoire raconte que J.J. Rousseau vint s'agenouiller devant la porte du cabinet de travail de Buffon. Au delà ce ce parc, Montbard est une ville plaisante à visiter (quartier avec vieilles maisons). C'est une bonne escale. Ceux qui ont des vélos pourront aller visiter l'abbaye de Fontenay, à 6km de Montbard.

Trois kilomètres après Montbard, nous arrivons au village "Buffon" où se trouvent les forges de Buffon. Si vous êtes curieux de patrimoine industriel et artisanal, je vous engage à lire l'article bien documenté de Wikipedia sur ces forges, et à visiter ce site.

Un peu plus loin, nous passons Ravières-sur-Armançon, Chassignelles, et enfin Ancy-le-Franc, autre grande étape incontournable. La halte fluviale à Ancy-le-France est paisible et gratuite. Eau et électricité disponibles. Le château d'Ancy-le-Franc est de style Renaissance du XVIe siècle, érigé vers 1544 à la demande d'Antoine III de Clermont, beau-frère de Diane de Poitiers et fils d'Anne de Husson, comtesse de Tonnerre. En 1683 les Clermont vendent la terre d'Ancy-le-Franc et le château à Louvois, ministre de Louis XIV. Celui-ci confie le tracé des jardins à Le Nôtre, le jardinier de Louis XIV. Le château d'Ancy-le-France mérite la visite par son architecture, sa décoration intérieure et son parc.

Quelques kilomètres après Ancy-le-Franc, nous arrivons à Tanlay, autre village célèbre pour son château. Tanlay est un superbe château Renaissance des XVIe et XVIIe siècles, entouré de douves. La grande galerie est décorée de fresques en trompe l'œil, assez curieuses. Là aussi, le parc est splendide, quoique dans un style très différent du style "Le Nôtre" que nous avons vu à Ancy-le Franc. Le port fluvial de Tanlay est très agréable.

Peu après Tanlay, nous arrivons à Tonnerre qui mérite une longue visite. Le port est gratuit, prenez votre temps :-)
Tonnerre nous propose deux monuments célèbres qui méritent la visite. La Fosse Dionne, source vauclusienne (c'est à dire résurgence à gros débit des eaux d'infiltration), fut aménagée en lavoir avec bassin circulaire au XVIIIe siècle. Vous en verrez une photo dans mon album. L'Hôtel-Dieu, fondé par Marguerite de Bourgogne en 1293 et construit en trois années seulement, est un des plus anciens et des plus vastes ensembles hospitaliers de la France médiévale. Ses dimensions sont impressionnantes avec une toiture d'une surface de 4500 m² (initialement recouverte de tuiles vernissées) et une salle principale longue de 90 mètres pour une largeur de 18,2 mètres et une hauteur de 27 mètres. Le plafond est lambrissé et la gigantesque charpente est en forme de carène de vaisseau renversé. Jusqu'à 40 malades pouvaient y être soignés (merci Wikipedia).  L'Hôtel-Dieu de Tonnerre mérite vraiment la visite ! D'autres monuments (Hôtel d'Uzés, marché couvert, église Saint-Pierre, etc.) méritent un détour.

Après Tonnerre, nous passons Flogny-la-Chapelle et nous arrivons à Saint-Florentin. Le port est petit, la grande darse est privée et interdite aux bateaux de passage. Les quelques places sur ponton étant toutes occupées, nous avons trouvé une excellente place gratuite et calme en face sur l'autre rive du canal. Le pont de l'écluse toute proche permet de gagner la ville sans difficulté. Saint-Florentin est une ville ancienne intéressante. Pour peu qu'il fasse beau, la promenade dans les ruelles et placettes est un plaisir. On quitte Saint-Florentin par un pont-canal de 1811 passant sur l'Armance, situé immédiatement avant l'entrée de l'écluse.

Après Saint-Florentin, nous passons Brienon-sur-Armançon, où se trouve un grand lavoir circulaire construit en 1762. C'est probablement un des plus beaux lavoirs anciens que l'on puisse admirer en Europe. Ce site web vous en donne un aperçu.  Puis nous arrivons à Migennes, où le canal de Bourgogne prend fin. La dernière écluse nous donne accès à l'Yonne. Migennes elle-même n'a pas un grand intérêt touristique mais on peut y stationner facilement.

Canal de Bourgogne
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Bourgogne.kml
(174k)
Mister Mellipheme,
2 févr. 2010 12:44
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